BLOG

RANDONNER AU KOSOVO ? POURQUOI PAS !

July 18, 2019

Au cœur des Balkans, se trouve un petit territoire nommé Kosovo. On ose à peine l’appeler pays tant le sujet est sensible. Une nouvelle fois, en approchant de cette frontière, nous avons constaté notre ignorance à propos d’un pays si proche du nôtre et nous sommes à peu près sûrs que c’est la même chose pour vous. Vous savez sans doute nommer des plages en Thaïlande et savez à quoi ressemble Central Park, en revanche ne serait-ce que situer le Kosovo sur une carte ou s’imaginer le mode de vie de ses habitants, c’est moins certain.

 

 

Téléchargez notre itinéraire GPX au Kosovo 

 

Le Kosovo a une longue histoire d’occupations diverses et de conflits autour de son appartenance. Il faisait partie de la Yougoslavie, en tant que province autonome de la Serbie, bien qu’étant majoritairement peuplé d’Albanais. Lors de l’éclatement de la Yougoslavie, le Kosovo a souhaité obtenir son indépendance et a été violemment réprimé par la Serbie. Au vu de ce qui s’était passé précédemment en Croatie et en Bosnie-Herzégovine et aussi de peur que le conflit s’étende en Macédoine, entre le 24 mars 1999 et le 10 juin 1999, l’OTAN procède à des frappes aériennes sur la Serbie et contraint Milošević à se retirer du Kosovo. Ce n’est que le 17 février 2008 que l’indépendance du Kosovo sera proclamée de manière unilatérale, elle n’est pas reconnue par toute la communauté internationale.

 

 

 

Notre traversée

 

Malgré notre curiosité, deux choses nous ont poussé à écourter notre traversée du Kosovo. Nous devions initialement arriver directement du Monténégro mais nous avons décidé de faire un crochet par le nord de l’Albanie. On avait lu tellement de témoignages à propos de la vallée de Valbonë et des alentours de Theth qu’on a estimé qu’on ne pouvait pas rater ça (on vous parlera de notre traversée de l’Albanie dans quelques semaines quand on sera passés au sud aussi !). Du coup, on allait entrer au Kosovo un peu plus au sud que prévu. Enfin, parce qu’on a compris qu’il ne fallait pas trop rigoler avec les passages de frontières dans ce coin-là et que la frontière entre l’Albanie et le Kosovo est encore truffée de mines, on a à nouveau changé notre itinéraire pour passer la frontière officiellement, par la route qu’empruntent les voitures. Résultat : on n’aura passé que 5 jours au Kosovo.

 

 


Première impression

 

La première chose qui nous a frappé en arrivant au Kosovo est que tout nous a paru plus riche et plus moderne qu’en Albanie. On s’attendait à trouver des villages encore marqués par la guerre, partiellement détruits, et, en toute honnêteté, un niveau de développement bien plus bas. Comment expliquer que le Kosovo semble beaucoup plus développé que l’Albanie par exemple ? Par développement on entend ce qui était observable depuis notre position de marcheurs : les maisons, que dis-je les manoirs, les routes toutes neuves et les voitures. Après l’intervention de l’OTAN pour repousser les Serbes du Kosovo, le pays a reçu plusieurs milliards de dollars pour sa reconstruction.

 

 

 

Oh désespoir !

 

Vous voulez notre avis ? Ils auraient dû en consacrer une petite partie à mettre en place une gestion des déchets digne de ce nom… Sans conteste, le Kosovo remporte la palme du pays le plus couvert d’ordures qu’on a traversé. C’est d’autant plus triste que le pays a un beau potentiel de tourisme nature/aventure. On n’a pas du tout eu l’impression de faire la différence avec 1KG FOR THE PLANET puisqu’on avait du mal à trouver des poubelles et que régulièrement on croisait des décharges et comprenions où tout cela allait finir…

 

 

 

Bienvenue

 

Très vite, le sens de l’accueil des Kosovars/Albanais nous a sauté aux yeux. Est-ce qu’on avait besoin de quelque chose ? Est-ce qu’on savait où on allait ? Est-ce qu’on avait besoin qu’on nous dépose quelque part ? Est-ce qu’on voulait prendre un café ? Et vous savez quoi ? Souvent ces questions nous étaient posées en français ! Oui, pendant la guerre, beaucoup de Kosovars on fuit à l’étranger, notamment en France et en Suisse, ils y ont passé quelques années à travailler et sont revenus quand la situation s’était apaisée.

 

 

Compagnons de route

 

Nous n’étions pas seuls pour traverser le Kosovo. Noé, le frère de Nil, est venu passer près de 3 semaines avec nous. D’abord en Albanie, puis au Kosovo et un bref passage en Macédoine. Excellent compagnon d’aventure, il a maintenant 5 pays au compteur à nos côtés et il détient sans conteste le record du nombre de jours passés avec nous.

 

 

Le lendemain de notre arrivée au Kosovo, une quatrième marcheuse est venue compléter notre troupe. Ursula traverse aussi l’Europe à pied, dans l’autre sens. Elle a commencé à Kiev, en Ukraine, et rentre chez elle au Royaume-Uni après un léger détour par l’Espagne. Sa randonnée en solo est aussi l’occasion pour elle de collecter des fonds pour le cancer des ovaires. Tout autant de raison qui nous rendaient très excités de faire sa connaissance ! Suivez son voyage sur Facebook, Instagram et son blog, ça s'appelle One Woman Walks.

Passer ces quatre jours avec Ursula nous a permis de comparer nos expériences, de mesurer la différence qu'implique de faire un tel voyage seule quand on est une femme et de nous rendre compte que beaucoup de choses nous rapprochaient entre marcheurs du monde.

 

 

 

Quand les éléments sont contre nous...

 

Malheureusement, la météo ne nous a pas beaucoup aidé dans notre découverte du pays. Les deux jours que nous voulions passer en montagne se sont fait sous la pluie et nous avons même dû renoncer à notre passage de frontière à 2100 mètres d’altitude tellement la pluie, le vent et le froid se sont associés pour nous faire rebrousser chemin.

 

 

 

31 printemps

 

Vous vous souvenez peut-être que l’année dernière en Catalogne, j’avais fêté mes 30 ans. Quoi qu’on fasse, les anniversaires sont le genre de trucs qui reviennent tous les ans… Cette année nous l’avons donc fêté à quatre, autour d’un feu de camp sur la rive d’une rivière. Cette année encore, Nil a redoublé d’ingéniosité pour me surprendre et me gâter ! Si tout se passe comme on le pense, on fêtera chacun deux anniversaires sur la route...

 

 

 

Nous quittons ce 10ème pays avec tout de même un sentiment de “pas assez”. Le Kosovo était un gros point d’interrogation pour nous et nous avons encore quelques questions en suspens mais le fait que nous passions tant de temps en Albanie devrait malgré tout nous aider à y répondre.
Nous voici en Macédoine, prêts à accueillir un nouvel invité ! Et oui, les beaux jours font sortir les randonneurs plus que l’hiver…

 

A très vite !
Marie & Nil



< Lire notre article précédent - Un mois de trek au Monténégro

---

Lire notre article - Comment préparer un itinéraire de randonnée de 10000 km ? Part1 >

 

Tags:

Share on Facebook
Share on Twitter
Share on LinkedIn
Please reload