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DÉCOUVRIR LA FRANCE A PIED : PRÉPAREZ-VOUS A ÊTRE SURPRIS

August 2, 2018

Préparez votre sac à dos, vous allez vous ruer en France après avoir vu cette vidéo !

2PVA COUNTRY EPISODES FRANCE

Préparez-vous à découvrir la France d'une manière totalement différente ! Nous pensions connaître notre pays, mais le découvrir en randonnée est quelque chose d'unique. Des Pyrénées aux Alpes, nous avons trouvé des endroits sauvages et désertiques, de forts terroirs, des gens fiers et généreux. Voilà comment nous nous souviendrons de notre traversée de France.

Téléchargez notre itinéraire GPX en France

 

Avant d’y être, on n’avait pas imaginé que, fin mai, on aurait du mal à trouver un passage praticable dans les Pyrénées. Et pourtant, passer la frontière française s’est avéré difficile à cause de toute cette neige. On a eu beau préparer autant que possible notre voyage à pied, nous ne pouvions pas TOUT prévoir (heureusement) et encore moins les aléas du climat. A force de patience et de recherches, c’est finalement à 2000 mètres d’altitude, près de Puigcerda, que nous sommes retournés au pays !

 

 

Globalement, depuis le début du voyage, on n’a pas été gâtés par la météo. Là où, au Portugal, ils n’avaient pas vu de pluie depuis 2 ans, nous en avons eu pendant 3 semaines, jour et nuit ! Les Espagnols nous ont expliqué que, de mémoire d’homme, on n’a jamais vu un hiver si long et rigoureux… En France, les orages quotidiens et les inondations qui en découlent ne nous ont quasiment pas quitté jusqu’à mi-juillet ! Depuis que nous sommes en France, nous avons entendu une “explication” : c’est l’année des treize lunes. Le mois lunaire étant légèrement plus court que le mois solaire, en 2018, il y aura 13 pleines lunes. Une vieille croyance populaire associe ces années-là aux catastrophes naturelles, à des périodes particulièrement pluvieuses et néfastes aux récoltes. Drôle d’année pour une traversée de l’Europe en randonnée ultralight !

 

 

C’est dans cette atmosphère humide que nous avons retrouvé la France et très vite accueilli notre sixième invitée. Fran @frantictwalks est l’auteure du site seizeyouradventure.com qui relate les aventures et exploits sportifs de personnes souffrant d’épilepsie.

Peu de temps après, c’est Rémi @lenomaderandonneur qui nous a rejoint. Guide de randonnée, Rémi aura tout connu pendant son séjour : la météo changeante, l’attente de colis, les dures journées de marche, les jours de boulot, de très chouettes rencontres… Il vous raconte tout ici.

 

 

Si quelques pessimistes nous avaient laissé entendre que faire deux pas vers l’autre en étant bien reçu serait peut-être plus difficile en France qu’ailleurs, nous avons vite eu la confirmation qu’ils s’étaient trompés. Evidemment le fait que nous soyons Français, que nous puissions parler de notre projet dans notre langue maternelle a dû faire tomber pas mal de barrières. Toujours est-il que l’accueil a été généreux, sincère et spontané et nous avons dormi 60% du temps chez l’habitant !

 

 

La liste des endroits insolites dans lesquels nous avons dormi a continué de s’allonger : dans une grange, dans une grotte, dans une cahute de fruits et légumes, dans un domaine viticole où nous n’aurions sans doute pas dû nous trouver, sur la plage, sur l’estrade d’une salle des fêtes, dans une vacherie…

 

 

Avant de nous éloigner des montagnes, nous avons quand même pris un peu de bon temps en nous baignant dans les belles sources d’eau chaude de Fontpédrouse et pris un petit cours d’Histoire en passant une nuit à Latour-de-France, premier village français après la frontière avant que le Traité des Pyrénées en 1659 n'octroie plus de territoires à la France.

 

 

Puis, enfin, nous avons atteint un des points centraux de notre projet : la Méditerranée ! C’est vrai, même si notre curiosité nous pousse à aller visiter quelques pays voisins, notre voyage à pied s’attache à découvrir les pays européens qui bordent la Méditerranée (hors pays insulaires). Il nous tardait donc de la voir ! Nos nombreuses rencontres avec elle ont été entrecoupées de retours dans les terres, en grande partie parce que malheureusement la côte méditerranéenne est très construite. Nous avons tout de même réussi à dénicher des endroits sublimes et sauvages.

 

 

Les étangs de Gruissan au sein du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée représentent un patrimoine naturel unique, une réserve pour la faune et la flore exceptionnelle et des couleurs rares. C’est aussi un des endroits où Marie a passé beaucoup de vacances et qu’elle était heureuse de retrouver.

 

 

La Camargue… Difficile de trouver les mots pour décrire à quel point nous avons été surpris par cet endroit. Evidemment, les couleurs des marais salants nous ont coupé le souffle, bien sûr les flamants roses, hérons et autres oiseaux en pagaille ainsi que les typiques chevaux camarguais nous ont émerveillés, mais ce qui nous a beaucoup surpris, c’est le désert. Sur les conseils de Vincent que nous avions rencontré un peu plus tôt, nous voulions passer par Beauduc. Depuis les Saintes-Marie-de-la-Mer, nous avons choisi d’y aller par la plage. Une légère croûte de sel recouvre une partie de la plage, ce qui la rend plus praticable, chargés comme nous le sommes. Nous avons arpenté cette côte pendant près de 24 heures, nous y avons passé la nuit et le tout sans croiser personne. C’est la plage la plus gigantesque que nous n’avions jamais vue, c’est un désert de sable et de sel, c’est une expérience inoubliable.

Arrivés à Beauduc, nous avons découvert des centaines de kite surfeurs venus du monde entier sur ce spot mythique.

 

 

Ok, on oublie un détail qui va paraître insignifiant après toute cette splendeur : les moustiques. Sur la plage où il y avait un peu de vent, nous avons été épargnés, en revanche dans les marais autour de la ville fortifiée d’Aigues-Mortes, nous avons passé une nuit atroce. En Camargue, il ne fait pas bon dormir sous un tarp, même bricolé d’une moustiquaire de dernière minute.

 

 

Si on nous met régulièrement en garde contre les ours, les loups ou même les chiens que l’on croisera peut-être, on vous assure que les moustiques et les tiques sont autrement plus terrifiants pour nous ! On se dit souvent que si on revient de cette traversée de l’Europe sans aucune des maladies qu’ils transmettent, ce sera une belle victoire...

 

En arrivant à Carry-le-Rouet, nous avons découvert un tout autre décor qui allait nous suivre quelques temps : des calanques. Jusqu’à Marseille, nous avons suivi le GR51 dans un cadre somptueux d’eaux turquoises et de criques paradisiaques.

 

 

Après Marseille, c’est dans le Parc National des Calanques que nous avons randonné. Ce fut sans doute l’une des journées les plus belles du voyage mais l’important dénivelé, le terrain rocheux et parfois glissant, la chaleur insoutenable et, par conséquent, le manque d’eau en ont aussi fait une des journées les plus difficiles.

 

 

De ces dures journées, nos pieds s’en souviennent encore. Parlons-en de nos pieds d’ailleurs. Si côté santé, on se porte comme des charmes depuis presque 6 mois maintenant, il faut bien avouer que nos pieds ont connu des jours meilleurs. Les ampoules, on en fait notre affaire, on sait comment les éviter et elles n’ont pas été un problème depuis notre départ. En revanche, cette sensation d’avoir deux bouts de bois au bout des jambes chaque matin, on ne la connaissait pas ! La partie marrante, c’est qu’on a mal aux pieds quand on ne marche pas. Il n’empêche que ça en devient parfois préoccupant. Bon, on sait ce qu’on devrait s’étirer plus, se masser régulièrement, on est parfois un peu fainéants de ce côté-là. On espère juste qu’ils tiendront le coup pour les 7000 km restant de notre voyage… à pied.

 

 

Arrivés à Cassis, exactement un mois après notre entrée en France, nous n’avions encore trouvé personne à interviewer. Via le Fédération Française de Randonnée des Bouches-du-Rhône, nous avons rencontré Bernard Bonetto. Bernard nous a guidé entre Cassis et La Ciotat parmi les superbes falaises Soubeyranes. Il a consacré sa vie au milieu associatif sportif, notamment avec l’association Ambition Réussite, mais on ne vous en dit pas plus, regardez plutôt ça :

 

 

Notre dernière rencontre avec la mer, c’était à Porquerolles. Difficile de l’éviter là-bas, c’est une île, l’une des trois du Parc National de Port-Cros. Bien que Nil la connaisse comme sa poche pour y avoir passé la majorité de ses vacances étant enfant, elle nous a encore réservé quelques surprises. Accompagnés de quatre motivés, nous avons fait le tour de l’île à pied, 35 km et des conditions comparables aux Calanques. Ceux qui croyaient connaître l’île par coeur depuis des dizaines d’années ont dû avouer ne jamais l’avoir vue sous cet angle ! Ces quelques jours à Porquerolles ont aussi été l’occasion de passer quelques moments réconfortants en famille.

Porquerolles a aussi été le témoin d’une séquence émotion puisque nous y avons organisé la première projection publique de nos vidéos !

 

 

Mais en France, nous n’avons pas vu que la mer, loin de là.

 

Dans l’Hérault, nous nous sommes autorisé une escapade dans la plus grande ville traversée depuis le début du voyage : Montpellier. Nous avons passé un weekend chez le père de Marie mais n’avons pas chômé pour autant. Le festival annuel des fanfares avait lieu ce weekend-là, comme fait exprès !

 

 

Dans les petits villages du sud-ouest de la France, quelque chose de récurrent nous a frappé. C’est la petitesse de ce que les habitants considèrent comme “chez eux”, “leur coin”. Une ville ou un village situé à 20 ou 30 km, c’est déjà ailleurs, une autre région, un autre terroir, c’est déjà trop loin pour qu’ils se sentent avoir quelque chose en commun.

 

On leur a pourtant trouvé au moins un point commun : leur passion pour la chasse, plus que pour le ramassage des déchets...

 

1KG FOR THE PLANET

 

Et pourtant, d’un bout à l’autre du département, d’un bout à l’autre du pays (et comme nous en sommes de plus en plus sûrs, d’un bout à l’autre de l’Europe), nous avons trouvé des gens ouverts et généreux, des personnes qui parfois possédaient peu et avaient malgré tout beaucoup à donner. Plusieurs fois, nous avons trouvé notre addition déjà payée, l’espace de quelques heures ou de quelques jours, nous avons partagé la vie de familles, de couples ou de personnes solitaires que nous avons quitté, comme toujours, avec beaucoup d’émotion.

 

En arrivant dans le Parc des Pré-Alpes d’Azur, nous avons renoué avec les souvenirs de notre premier trek de préparation, effectué presque jour pour jour un an plus tôt. Sur les hauteurs de Grasse, nous avons retrouvé le Sentier du Paradis, le long du Canal du Foulon, ce tuyau rouillé qui serpente à flanc de montagne et sous des tunnels rafraîchissants.

 

 

Pendant ces journées de grosse chaleur, très humides et de fort dénivelé, ne pas pouvoir se laver tous les jours a été un vrai manque de confort pour Marie. Mais elle est très créative :)

 

Avant de quitter la France, nous avons traversé un troisième parc national. Notre premier jour dans le Mercantour nous a réservé une belle surprise. Nous avons eu la chance de visiter le Parc Alpha, dédié à l’animal mythique du Mercantour : le loup. De retour en France depuis 1992, le loup fait débat dans la région, entre les bergers qui jusque-là avaient vécu sans et ceux qui se réjouissent du retour de cette espèce protégée ayant failli disparaître en Europe. Trois scénographies immersives exposent, sans parti pris, les différents points de vue sur la présence du loup en France. Vincent, responsable animalier, nous a accompagné pendant toute notre visite.

 

 

En parlant du Mercantour, vous vous souvenez d’Andrea ? Ce vacher italien qui nous avait accueilli l’année dernière et que nous avions interviewé. Cette année, nous lui avons fait une visite surprise, en fin de journée, pendant la traite. La Vacherie du Collet est située aux abords du village de Mollières, un village qui était encore italien avant la Seconde Guerre Mondiale. Andrea, sa femme Barbara, leurs quatre enfants, Federico qui passe la saison d’été avec eux et leur 270 bêtes font deux fois par an la transhumance entre Cuneo, en Italie, et Mollières, en mettant au cou de leurs vaches ces grosses cloches qui racontent l’histoire de la famille et du troupeau qui fait d’ailleurs un peu partie de la famille : “cette vache, c’est moi qui l’ai fait naître, sa mère, c’est mon père qui s’en est occupé et sa grand-mère… c’est mon grand-père”.

 

 

Si les treize lunes ne nous ont pas laissé beaucoup de répit côté climat, il faut bien admettre que nous avons eu la chance de finir notre traversée de la France en beauté. Sans être fans de foot, l’excitation de la Coupe du Monde puis de la victoire de l’équipe de France a été assez communicative. Bien que, on ose à peine vous l’avouer, on comptait sur une victoire de la Croatie pour nous attirer leur sympathie à l’automne prochain.

 

Le 14 juillet, un beau feu d’artifice a même été organisé pour célébrer la fin de notre séjour français.

 

Nous avons découvert notre pays d’une manière et avec des yeux totalement nouveaux. Nous sommes arrivés avec les a priori de personnes qui croient connaître quelque chose, ces clichés ont été chamboulés, pour notre plus grand plaisir.

Nous entamons cette traversée de l’arc alpin avec beaucoup d’excitation et un peu d’appréhension, physiquement ce sera sans doute une autre paire de manche que la Camargue...

 

 

A très vite !

Marie & Nil

 

 

- Lire l'article précédent : A la découverte d'une autre Espagne : 1500km de randonnée itinérante

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