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  • Marie & Nil

3 MOIS DE RANDONNÉE DANS LES ALPES ITALIENNES

Quand on dit qu’on a randonné en Italie plus de 1 000 km d’ouest en est, les gens pensent tout de suite à des gondoles, des tours penchées, des pizzas, des pâtes et du linge qui sèche aux fenêtres.

On ne va pas se mentir, oui on a mangé des pizzas et pâtes :) Mais croyez-nous si on vous dit que le reste ne s’est pas du tout passé comme ça !



Traverser l’Europe, c’était notre projet. Traverser les Alpes, c’était un rêve. Et la fenêtre météo pour le réaliser, était relativement courte : avant juin c’était trop tôt, après octobre ça aurait été trop tard et il fallait bien compter 3 ou 4 mois pour les traverser. Notre date de départ le 5 février dernier à Sagres avait été fixée en prévision de cette épique section de notre voyage.


Téléchargez notre itinéraire GPX en Italie


C’est sûr que, même maintenant, notre vision de l’Italie est très partielle. Mais il en va de même pour tous les pays qu’on a traversé et qu’on traversera pendant ce voyage à pied. Même si on progresse lentement, qu’on passe beaucoup de temps dans certains pays, on ne découvre qu’une ligne étroite à l’échelle d’un pays tout entier.


Monte Rosa, Italie

Pendant presque 3 mois de randonnée en Italie, on a découvert les Alpes italiennes, traversé 6 régions, grimpé 69 500 mètres de dénivelé positif, dormi 30% du temps chez l’habitant et dépensé le double de notre budget prévu, soit une moyenne de 20€ par jour et par personne.


Les gens s’étonnent quand on explique qu’on n’a pas réussi à tenir notre budget en Italie. Ce n’est pas tant lié au pays lui-même, mais plutôt à la montagne en général. Les produits sont difficiles à acheminer et donc plus chers, les commerces sont rares donc on se contente de ce que l’on trouve et au prix où on le trouve, des conditions météo difficiles peuvent vite devenir dangereuses et nous ont parfois poussé à dormir en refuge là où ailleurs nous aurions pu camper, les villages et donc les rencontres ont aussi été plus rares et ainsi l’aide que nous reçue.



Merci !


Les rencontres ont été moins fréquentes, mais elles ont tout de même été là ! On ne remerciera jamais assez tous ces gens qui nous ont accueilli ou aidé d'une manière ou d'une autre !



Ce qui nous a aussi largement aidé, ce sont les bivouacs (en italien bivacco), ces cabanes, de toute taille, de toute forme et de tout niveau de confort, en général construites, entretenues et mises à disposition par le Club Alpin Italien. Les plus confortables prennent la forme d’un grand chalet d’une seule pièce avec une douzaine de lits avec draps et couvertures, le gaz, l’électricité et une grande table pour les repas. Les plus sommaires ressemblaient à des boîtes de conserve géantes avec entre 2 et 8 couchettes où parfois on ne pouvait pas tenir debout.




On n’est jamais vraiment prêt


Ces bivouacs ont souvent été salutaires. Oui, traverser les Alpes est sans doute l’une des choses les plus difficiles que nous ayons fait. Physiquement et mentalement. Nous sommes arrivés au pied des Alpes après déjà 6 mois de marche. Un bon entraînement oui, mais en fait, rien ne pouvait nous préparer à ce qui allait suivre : une moyenne de 1000m de dénivelé positif quotidiennement sur une si longue période. On pourrait penser qu’au bout de 2 ou 3 semaines de ce régime, on s’habitue. En fait, non. En tout cas, on n’est pas tous égaux sur le sujet.


Marie, Italie

S’il y a bien une chose qui nous a aidé à aller au bout de cette traversée alpine, ce sont les “wahou”, “pfiou”, “dis donc, c’est vachement beau” que nous poussions des dizaines de fois par jour. Jamais, ni l’un ni l’autre, n’avions connu un tel émerveillement quotidien et systématique. Nous avons découverts des endroits sublimes dans tous les pays que nous avons traversé mais jamais avec une telle concentration !



La crème de la crème


Cet article pourrait faire 30 pages sans qu’on n’épuise la liste des sites fantastiques qui marqueront notre esprit pour toujours. On va quand même essayer de vous en donner un aperçu.


  • Le plus grand espace naturel protégé du Piémont


Nous sommes entrés en Italie par le Parco delle Alpi Marittime. Pour nous un des endroits les plus bruts et les plus riches en vie sauvage des Alpes italiennes. Partout bouquetins, chamois, marmottes, pics acérés et lacs d’altitude où on a parfois eu le courage de se baigner, pour être honnêtes, surtout quand on avait besoin de se laver !



Cerise sur le gâteau, nous sommes retournés au Rifugio Emilio Questa que nous avions découvert un an avant, pendant la préparation de notre voyage à pied. Là-bas nous y avons retrouvé Flavio, gardien du refuge depuis 31 ans. D’ailleurs, il en parle mieux que nous :




  • S’approcher des étoiles


Voir le Mont Viso de vraiment très très près nous a un peu titillé. La météo n’étant pas vraiment de notre côté, on a choisi d’en faire le tour et n’avons pas regretté pour deux raisons. La première c’est qu’on a fini cette journée pris dans une tempête de vent et de pluie. La seconde c’est qu’après avoir dormi dans l’adorable bivacco de la Punta Venezia, on s’est réveillés avec une vue à couper le souffle sur le Viso.


Mont Viso, Italie

Malgré tout, par la suite, la tentation de découvrir, même à une petite échelle, la haute montagne nous a suivi. Quand Jesse, notre premier invité en Italie nous a rejoint et qu’il nous a dit que ça l’excitait beaucoup aussi, on s’est décidé. Nous voilà en route pour le paradis, le Grand.

Il s’est imposé comme une évidence : notre itinéraire passait à ses pieds et le Grand Paradis (4061m) est réputé comme l’un des 4000 les plus accessibles des Alpes.


Evidemment, avant de se lancer, on s’est longuement documenté, on a rencontré et consulté plusieurs guides, répété nos manip’ de sécurité, etc.



Quelques petits trucs qu’on a appris en chemin :

- U️ne ascension digne de ce nom doit commencer tôt, genre vraiment tôt. On parle de 4h du matin là. Pourquoi ? Parce que vous ne voulez pas vous retrouver à traverser un glacier plein de crevasses en plein après-midi ensoleillé.

- Pas de bras, pas de chocolat. Ici, pas de soleil, pas de chaleur. On enfonce une porte ouverte ? Oui, mais froid en bas dans la vallée et froid au-delà de 3000m, ça ne veut pas dire la même chose. Alors on se couvre !

- Quand le soleil s’est enfin montré, on a vu l'une des plus belles choses de toute notre vie et on a vite oublié les heures difficiles pour arriver là-haut.


Peu de temps après, c’est dans le massif du Monte Rosa que l’euphorie des cimes nous a repris. Enfin, surtout Nil et Jesse. Je me sentais trop fatiguée pour les suivre, je suis donc restée dans la vallée pour me reposer et travailler. Nous traversions les Alpes depuis 3 semaines et, loin de m’habituer à l’effort, je me sentais au contraire de plus en plus fatiguée.


Les garçons ont séjourné dans la magnifique Capanna Gnifetti et ont fait l'ascension de la Pointe Parrot (4432), du Ludwigshöhe (4341), du Balmenhorn (4167) et de la Pyramide Vincent (4215). Oui, tout ça !

En voyant les photos incroyables qu'ils ont rapporté, j’étais presque jalouse…




  • Ich spreche kein deutsch


Après avoir traversé la Suisse, nous sommes retournés en Italie par le Trentin-Haut Adige. On était terriblement impatients de retrouver une culture plus chaleureuse et une langue plus familière. Raté. Il faut croire que nos livres d'Histoire avaient omis de nous parler de ce détail. Pendant des siècles, la situation de cette région germanophone a été complexe, changeant de camp au gré des conflits. Jusqu’à la Première Guerre Mondiale, elle appartenait à l’Autriche qui l’a finalement cédée à l’Italie en échange de son engagement aux côtés des Alliés. Traverser l’Europe, c’est aussi découvrir son histoire !

Nous voilà donc dans une Italie où l’on parle allemand et où la culture est plus germanique que latine.


Bolzano, Italie


  • Mangez des pommes !


Le Val di Non, dans le Trentino ne nous a pas marqué par ses paysages à couper le souffle mais plutôt par sa monoculture intensive de la pomme. En effet, depuis plus de 2000 ans, des pommes sont cultivées en Val di Non. Son altitude entre 500 et 1000m et son microclimat en font un environnement particulièrement favorable à cette culture. Jusqu’à la fin des années 1980, cette production était essentiellement le fruit de nombreuses activités familiales. Soucieux de protéger leur produit et son appellation et de rationaliser leur processus de vente, ils se sont regroupés en une coopérative sous la marque Mélinda. Aujourd’hui Mélinda représente une part importante des pommes vendues en Europe et impose aux agriculteurs des standards stricts pour uniformiser la production…