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TRAVERSEE DE LA SERBIE A PIED, 200 KM EN AUTOMNE

December 29, 2019

Si vous regardez l’itinéraire de notre traversée de l’Europe sur une carte, vous comprendrez que venir jusqu’en Serbie représentait un sacré détour. Nous n’avons pas franchement emprunté le chemin le plus direct pour relier le Portugal à Istanbul. Mais comment traverser tous les Balkans, toute l’ex-Yougoslavie en faisant l’impasse sur la Serbie ?

 

Arriver en Serbie le 22 novembre signifiait découvrir le pays pendant la saison humide lorsque les jours sont presque les plus courts de l’année. Honnêtement, nous n’avions pas mis toutes les chances du côté de la Serbie pour qu’elle nous séduise. Ciel gris, arbres déplumés, nuit à 16h30 et gadoue du début à la fin...

 

 

 

Le Zavojsko Jezero

 

Après quelques jours plutôt moroses à marcher sur des pistes forestières et de petites routes asphaltées, nous avons atteint le Zavojsko Jezero, un grand lac artificiel du Parc Naturel Stara Planina. Les abords du lac doivent grouiller de vie pendant l’été, de belles résidences secondaires sont dispersées tout autour, mais fin novembre c’était désert ! Au bord de l’eau et sur le lac de petites cabanes flottantes apportent beaucoup de charme à l’ensemble. 

 

 

 

Slavinja : le canyon Rosomac

 

Entre deux gouttes de pluie et un petit détour plus tard, nous découvrons un lieu unique. Le canyon est un élément important du patrimoine géologique de la région. Des sédiments jurassiques et des restes fossiles ont été créés dans les parties les plus profondes de la mer. Les couches forment une magnifique série de cascades dans le lit de la rivière.

 

 

 

Les dernières rivières sauvages d’Europe

 

En chemin, nous sommes passés par le village de Topli Do. Un petit village traditionnel, presque comme les autres. Tout était calme quand nous y sommes passés mais les banderoles et les pancartes sur le pont au-dessus de la rivière étaient bien là. Depuis quelques semaines, les habitants du village et des environs protestent contre la construction d’une mini-centrale hydroélectrique. La prolifération de ces centrales est à la mode dans les Balkans et annonce la destruction programmée des dernières rivières sauvages d’Europe.

 

 

 

La dent de grand-mère

 

Le Babin Zub (en français “dent de grand-mère”) est un des sommets de la chaîne de montagne Stara Planina, celle que nous suivrons ensuite en Bulgarie, quasiment jusqu’à la mer Noire. Après une journée d’ascension, le spectacle qui nous attendait en haut nous a laissé sans voix. Une mer de brume était en train de galoper sur les pentes de la montagne. L’automne a du bon finalement !

 

 

 

L’exode

 

En Serbie, le constat est le même que dans le reste de l’Europe : maisons abandonnées, villages mourants et grandes villes qui débordent. Au mois de novembre, le tableau est encore moins rieur puisque ces maisons qui sont parfois encore utilisées comme lieux de vacances ou de weekend sont désertées hors saison. Pas facile dans ces conditions de faire des rencontres, de découvrir l’âme de ce pays…

 

 

Les rencontres étaient rares et bien souvent elles commençaient par cette même question : sommes-nous des migrants ? Arrivons-nous de Syrie, du Pakistan, d’Albanie ? Ces questions, nous les avons entendues absolument tous les jours pendant notre traversée de la Serbie. On pourrait penser que les appareils photos pendus à notre cou et le matériel de montagne accroché à notre sac pourrait aiguiller les gens dans une autre direction, mais globalement, non. Le premier jour on a même eu le plaisir de se voir envoyer la police pour contrôler nos passeports ! Il n’y a qu’en Croatie que ça nous était arrivé jusqu’à présent...

 

 

 

Notre famille serbe

 

Nous nous étions fait une raison. Nous allions quitter la Serbie sans avoir fait de rencontre réelle marquante, sans garder en mémoire le nom d’une seule personne. Nous allions quitter la Serbie en nous disant que “Syria ?” était le mot que nous avions le plus entendu ici. Vous imaginez que c’était une énorme déception pour nous. 

Et puis par un matin gris, nous avons utilisé nos dernières réserves d’eau pour le petit-déjeuner, nous suivons cette piste monotone et nous passons devant une maison. Qu’est-ce qu’elle fait là toute seule ? Un groupe de 6 oies annoncent notre arrivée, bientôt le chien s’y met aussi. Au moins on sait que c’est habité ! “Ima voda?” (Est-ce qu’il y a de l’eau ?). “Bien sûr ! Mais vous avez peut-être faim aussi ?”. Combien d’entre nous proposeraient à des inconnus qui passent devant chez nous de venir casser la croûte ?

Quoiqu’il en soit, il avait beau être 10h du matin, on s’est attablé tous les cinq pour déjeuner et on y est resté au moins deux heures !

 

 

 

2PVA à la télé serbe !

 

Avant nos derniers kilomètres serbes, nous avons eu le plaisir de rencontrer la TV à Knjaževac. Une chouette interview et l’occasion de parler de notre projet, de 1KG FOR THE PLANET et de notre expérience en Serbie. 

 

 

 

Vous l’aurez compris, notre expérience serbe aura été en demi-teinte. Les rencontres ont été rares, notre itinéraire n’était pas fantastique mais la saison n’a clairement pas aidé à rendre notre passage plus charmant. Le climat joue tant sur la présence des gens dans certains endroits, le charme des paysages et notre humeur à nous aussi forcément. 

Nous nous dirigeons vers la Bulgarie et nous apprêtons à passer l’avant-dernière frontière de cette incroyable aventure !

 

A très vite !

Marie & Nil

 

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