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TRAVERSÉE DE LA MACÉDOINE, DE SKOPJE A OHRID

August 10, 2019

Après un an et demi sur la route, nous voilà en Macédoine ! 

Enfin, depuis quelques mois il faut l’appeler République de Macédoine du Nord (ou Macédoine du Nord pour les intimes). Auparavant, vous trouviez le pays sous le nom d’ARYM pour Ancienne République Yougoslave de Macédoine. Si le changement se fait pour un nom un peu plus sympa, il met surtout un terme à un conflit qui l’opposait à la Grèce depuis 1991 et derrière cette information a priori anecdotique se cache la possibilité, à terme, d'adhérer à l'Union européenne et à l’OTAN. 

 

 

Notre itinéraire en Macédoine a été très “occidental” puisque du Kosovo, nous avons passé la frontière près de Skopje et nous avons quitté le pays sur les rives du lac d’Ohrid, au sud-ouest du pays, pour retourner en Albanie. Du coup, on a l’impression d’avoir eu une vision un peu biaisée de la Macédoine puisque nous avons traversé une zone très frontalière avec l’Albanie où vivent beaucoup d’Albanais. Oui, en plus du peuple macédonien slave et orthodoxe, le pays compte d'importantes minorités albanaise, turque et rom.

 

Téléchargez notre itinéraire GPX en Macédoine

 

Skopje

 

Skopje nous a surpris. Nous n’avons fait que l’apercevoir et n’avons pas vraiment pris le temps de l’explorer réellement mais en comparaison avec les autres capitales d’ex-Yougoslavie, elle nous a fait l’impression d’une ville moderne et développée.

Quitte à vivre en ville, c’est probablement une grande ville plutôt agréable, d’autant que la nature se trouve accessible tout autour. En récupérant Jesse à Skopje, nous avons filé vers le canyon de Matka. A à peine 15 km du centre-ville, la terre s’ouvre sur ce canyon luxuriant. Pour notre première nuit, nous avons campé sur les hauteurs parmi les ruines d’une église. En cette période de Ramadan, le muezzin résonnait plus que d’habitude et, à la nuit tombée, les tambours ont animé tous les environs.

 

 

 

Jesse, deuxième round

 

Pour la seconde fois, Jesse nous a rejoint des Pays-Bas. Rien de très comparable en Macédoine avec les Alpes italiennes qui nous avions explorées ensemble en août 2018 mais c’était top de partager de nouveaux aspects de notre aventure avec lui. Notre itinéraire ensemble de Skopje jusqu’au lac d’Ohrid nous a mené plus souvent à la rencontre des gens, même si pour nous, le serbo-croate est moins propice aux échanges que l’italien. Nous n’avons malheureusement pas été invités à dormir chez l’habitant, en fait la seule fois où cela s’est produit, notre campement était déjà installé. Avec Jesse, nous avons fait sans aucun doute nos plus beaux bivouacs de Macédoine ! D'ailleurs, il vous raconte lui-même son expérience dans un article

 

 

 

Gentil chien

 

Notre seconde nuit ensemble a cependant failli mal tourner. Sur un plateau, nous trouvons l’endroit idéal pour monter le camp. A peine les tentes montées, un grand troupeau de brebis avance dans notre direction. Il redescend au village un peu plus bas. Bientôt, huit chiens nous encerclent calmement. Ils portent ces colliers de pics, supposés les protéger des attaques de loups. On est encore loin des Kangals, les bergers d'Anatolie, qu'on rencontrera en Turquie, mais ce sont des molosses quand même. Ils ne sont pas agressifs mais à huit contre trois, ils n’ont pas besoin de nous faire de démonstration de force. Nil attrape un bâton, leur attitude change et se fait plus menaçante.

 

 

Ce ne sont pas des chiens errants, ce sont des chiens de berger, dressés pour défendre le troupeau, dressés pour tuer, des loups par exemple mais tout ce qui menace les brebis de manière générale. Il faut réagir vite. Et bien. Nous misons sur le fait qu'ils sont bien dressés et ne sont pas juste des bêtes assoiffées de sang. Nous entrons tous les trois dans la tente et attendons. Les chiens se couchent en cercle autour de la tente. Quelques minutes plus tard, le berger arrive et nous délivre ! 

Une belle frayeur et un avertissement : il parait que ce sera pire en Grèce…

La menace à peine écartée, une nouvelle arrive, elle descend de la montagne en cavalant, une petite tempête de grêle !

 

 

 

Les deux pieds, les deux mains dans la...

 

En Macédoine, comme dans de nombreux pays des Balkans, la gestion (ou non gestion) des déchets nous a déprimé. Des décharges à ciel ouvert, sauvages ou organisées, dans des endroits somptueux, on a eu du mal à rester indifférents. 

Une fois en particulier, on s’est sentis franchement idiots de trimballer nos sacs 1KG FOR THE PLANET pleins depuis deux jours. Sur la carte et les images satellite, on pensait que notre itinéraire allait nous faire traverser une carrière de pierres (Nil adore les carrières, vous le saviez ?). Pas de carrière mais une immense décharge, plutôt organisée : le plastique par là, le textile par ici… Après avoir échappé à quelques dizaines de chiens errants, c’est dans le secteur des matériaux de construction que Nil s’est retrouvé à patauger en sandales dans un liquide non identifié et que je me suis enfoncée jusqu’à mi-mollets dans un mélange qui ressemblait vaguement à du plâtre et qui est entré dans mes chaussures par le haut. Une expérience dont on se serait bien passé et qui nous a remis sous le nez la catastrophe annoncée qui nous attend, nous et notre planète.

 

 

 

Le parc national Mavrovo

 

Si vous avez déjà envisagé de visiter la Macédoine, vous avez forcément entendu parler du parc national Mavrovo, le plus grand du pays. Nous avons été plutôt déçus de constater qu’une station de ski défigurait le parc et que, comme dans le reste du pays, les déchets envahissaient la nature. Le jour où nous sommes arrivés au bord du lac de Mavrovo, nous sortions de cette décharge infernale et ne rêvions que d’une chose : se baigner pour nettoyer tout ces trucs collants dans lesquels on s’était empêtrés. Quelle déception de ne trouver qu’une retenue d’eau boueuse où flottaient de ordures ! On est resté sales quelques heures de plus jusqu’à trouver une bonne douche.

 

 

 

Ohrid, la perle des Balkans

 

Heureusement, le lac d’Ohrid était là pour nous réconcilier avec une Macédoine qui aurait pu nous laisser quasiment indifférents. C’est vrai, nous n’avons pas fait de rencontres réellement marquantes, les paysages ne nous ont pas époustouflés et pour couronner le tout, le climat n’a pas été extrêmement clément avec nous, nous avons eu pas mal de pluie.

Le lac d’Ohrid, le plus vieux lac d'Europe ainsi que l'un des plus profonds est à cheval entre la Macédoine et l’Albanie et c’est là que nous devions passer la frontière pour retourner en Albanie. C’est aussi là que nous avons quitté Jesse après une semaine passée ensemble. Le lac a été classé au Patrimoine mondial de l'humanité pour son caractère naturel exceptionnel, en effet ses eaux cristallines hébergent une faune et une flore rares. Nous avons passé quelques jours dans la ville d’Ohrid sur la rive du lac. Avec ses petites plages et ses monastères byzantins, c’est la capitale touristique du pays. 

 

 

Nous avons longé le lac jusqu’à atteindre la frontière albanaise, en montant parfois sur les hauteurs qui le bordent, traversant de vieux villages dans leur jus, des journées bien chaudes mais le lac nous accueillait toujours pour une baignade en fin de journée.

 

Cette traversée de la Macédoine aura été plutôt brève mais elle a finit en beauté et nous sommes très excités de retrouver notre Albanie chérie !


A très vite !

Marie & Nil

 

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