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460 KM DE RANDONNEE EN SUISSE : ON VOUS DIT TOUT

October 11, 2018

Premier pays hors de l’Union Européenne de notre traversée de l’Europe, la Suisse a accueilli notre voyage à pied pendant 460 kilomètres et un peu plus de 3 semaines.

Quel accueil nous a été réservé ? Est-ce que la vie était réellement chère en Suisse ? Y trouve-t-on encore des espaces sauvages ou est-ce que les gazons bien tondus ont tout remplacé ? Quelle langue a-t-on parlé ? Quel était l’état des sentiers ? Question essentielle, est-ce qu’on a bien mangé ?

 

Téléchargez notre itinéraire GPX en Suisse 

 

 

4 langues officielles, vraiment ?!

 

En Suisse, nous avons eu un aperçu de ce qu’allait être notre vie pendant les prochains mois, dans des pays où la langue nous est totalement étrangère. Jusqu’à présent entre le portugais, l’espagnol, le français et l’italien, on s’en sortait plutôt bien. Mais l’allemand et encore plus le romanche nous ont laissé un peu démunis. Il faut pourtant que l’on s’y prépare, on sera bientôt en Slovénie puis en Croatie, Bosnie… où les points de repères linguistiques seront de plus en plus rares. Par chance, la Suisse est par culture multilingue. Avec ses 4 langues officielles, elle s’affiche selon nous comme le plus européen des pays d’Europe ! N’allez pas leur dire, ils n’aiment pas trop qu’on leur parle de l’Europe…

 

En général, on s’en est sorti avec l’italien, l’anglais et parfois le français.

 

 

 

Une première rencontre

 

Pour passer la frontière, au Monte Moro, nous attendait notre 9ème invité. Matthieu a traversé les Alpes l’été dernier, sur les sentiers de la Via Alpina, il en a même fait un film : Via Alpina - L’Envers du Chemin. Malgré son expérience, Matthieu a sans doute découvert une autre Suisse à nos côtés et aussi une autre approche de la randonnée.

 

 

Connectés à la nature 

 

On entend souvent des gens opposer nature et modernité et on ne pourrait pas être moins d’accord ! Que l’on souhaite s’isoler, débrancher d’une vie stressante, ultraconnectée, parfois futile, c’est tout à fait concevable, sûrement très sain. Mais rejeter la technologie sous prétexte qu’elle nous éloigne de la nature, non ! Le progrès, que ce soit en termes d’équipement de randonnée, de matériel électronique ou de technologie de communication, a permis et permet toujours à l’Homme d’aller plus loin dans l’exploration du monde et de la nature notamment.

Sans notre matériel de randonnée ultralight, sans le GPS, sans notre appareil photo tout en un (Olympus, OMD EM-1 MKII) et sans le développement d’internet, jamais nous n’aurions pu entreprendre ce voyage, jamais nous n’aurions pu devenir randonneurs et digital nomads à la fois.

Les réseaux sociaux sont une auberge espagnole, on y trouve ce que l’on y apporte. Plutôt que de leur fermer la porte parce que leur contenu est désolant, essayons d’élever le débat et d’y mettre ce qu’on aimerait y trouver.

 

 460 KM HIKING IN SWITZERLAND - Breathtaking mountains

 

 

Une autre Suisse

 

Oui, on nous a dit plusieurs fois et on l’a beaucoup lu sur internet aussi, que la Suisse n’avait plus rien de sauvage. De ce côté-là, on a parfois été tentés de leur donner raison : télécabines partout, balustrades, sentiers bétonnés, électricité à tous les étages, gazons parfaitement tondus même dans les alpages, refuges ressemblant plus à des hôtels de luxe en altitude… Tout ça, c’est vrai !

 

 

Mais il y a plus.

Sur les conseils d’Angelo rencontré pendant notre première soirée suisse, nous nous sommes mis en tête de rejoindre le Glishorn, une montagne surplombant la vallée du Rhône et offrant “la plus belle vue de la Suisse… ou au moins du Valais”. Nous avons atteint le Glishorn après deux jours et demi de marche sur des sentiers-balcons, dominant les vallons, croisant plus de brebies que d’êtres humains, se gavant de myrtilles qui, de toute évidence, n’étaient pas ramassées. En deux mots, c’était plutôt sauvage !

 

 

 

Les brebis, pas n’importe lesquelles : le Nez Noir du Valais, ces adorables boules de poils originaires du canton du Valais ont la tête et les sabots noirs, la laine blanche et des cornes en forme de spirales.

 

 

 

On y a aussi passé deux nuits glaciales sous la tente, nos premières nuits en-dessous de 0° depuis l’Espagne ! La chute des températures et l’arrivée des couleurs d’automne sont des signes que nous ne pouvons pas négliger… L’hiver approche et on n’a pas tellement envie de le voir de trop près tant qu’on est dans les Alpes !

 

 

 

Prendre de la hauteur

 

Pour nous, la Suisse aura aussi été l’occasion de renouveler l’expérience de la haute montagne et de côtoyer des merveilles de la nature ainsi que de mesurer leur caractère fragile et éphémère.

 

En surplomb de la vallée du Rhône, s’étend une langue de glace de 23km de long qui, de 4000 mètres d’altitude, descend jusqu’à 2500 mètres. Pour le moment en tout cas. Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, recule d’environ 50 mètres tous les ans. Découvrir un tel géant était une expérience unique. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le temps et l’espace, ça ne s’applique pas là-bas. Les distances n’ont jamais été aussi trompeuses et avancer dans la même direction, en voyant notre destination sans que jamais elle ne semble se rapprocher nous a fait un drôle d’effet ! Le glacier est large d’1,5 km, il nous semblait pourtant que ses côtés ne se trouvaient jamais à plus de 200 mètres de nous. Notre principal point de repère aura été les innombrables hélicoptères chargés de touristes pour leur faire découvrir le glacier à moindre effort. Nous les entendions comme s’ils nous survolaient et réalisions en les voyant si minuscules qu’ils étaient en fait très loin.

Plus d’hélicoptères que d’humains donc puisque nous n’avons croisé absolument personne ce jour-là.

 

 

 

 

 

 

Ouhou, il ya quelqu’un ?

 

La Suisse n’aura pas été le pays des rencontres pour nous. Non pas que les Suisses n’étaient pas ouverts ou accueillants, mais surtout que les occasions d’en rencontrer ont été rares. Après le Portugal, l’Espagne, le sud de la France et l’Italie où les gens ont plutôt l’habitude de vivre dehors, de socialiser au café du coin, il nous a fallu admettre que la vie de village suivait un autre rythme en Suisse. Le climat plus rude et plus montagneux, ainsi peut-être qu’une culture plus saxonne que latine, pousse les gens à passer plus de temps chez eux. Les rencontres fortuites et spontanées ont donc été plus rares et pour trouver des gens, il a fallu aller les chercher !

 

 

 

On pense à notre première nuit en Suisse où Angelo et ses amis ont passé quelques coups de fil pour nous trouver un toit, à Daniela ce même jour qui nous a finalement préparé une chambre dans son hôtel, à Anna et Tiziano qui nous ont accueillis chaleureusement dans leur hôtel, à Massimo et aussi à Roberto qui nous ont offert tout plein de choses dans leur restaurant et on pense évidemment à Kristian, François et Christoph qui ont rendu notre arrivée dans le Tessin inoubliable.

 

En Suisse nous avons dormi le plus souvent en refuge, montagne oblige, un quart du temps sous la tente, un autre quart à l’hôtel (dont deux fois en étant invités) et une seule fois chez l’habitant (merci Kim !!).

 

 

Notre 10ème invité(e) !

 

La Suisse a été le lieu de notre rencontre avec une seconde invitée : Marie. L’arrivée de Marie a permis d’allonger la liste des nationalités nous ayant rejoint, bien qu’elle habite maintenant à Zurich, elle est Allemande. Pendant 4 jours, Marie aura été un compagnon de marche, une prof de yoga, une mine d’information sur les champignons et la flore en général.

 

 

 

Fruits de saison

 

En randonnée longue-distance, pouvoir se nourrir grâce à ce que l’on trouve dans la nature est un vrai plus. En passant l’été dans les Alpes, on n’avait pas vraiment réfléchi au fait qu’on allait rater la saison pour la plupart des arbres fruitiers. Dommage. Mais on ne s’est pas laissé abattre. On est loin d’être spécialistes des plantes sauvages mais on sait reconnaître un myrtillier quand on en voit un et de ce côté-là, on ne s’est pas privé !

 

 

Pour les champignons, on est plutôt du genre prudent (et on vous recommande de l’être aussi !) mais il y en a quelques uns sur lesquels on a pas trop de doutes quand même. Les coulemelles et les rosés des prés par exemple, ce soir-là on donné une autre dimension à notre habituelle pasta du soir !

 

 

 

Nature et culture

 

En termes de culture, nous avons découvert un peu plus la vie dans les alpages, eu le plaisir d’écouter un concert de cor des alpes et participé au rassemblement annuel du Club Saurer du Tessin. La marque suisse a arrêté de produire des camions civils en 1983 mais passionnés et collectionneurs continue de lui rendre honneur.

 

 

 

Nous avons passé notre dernière nuit dans le Tessin dans un endroit fabuleux. Située à 2200 m d’altitude et s’étendant sur un kilomètre sur six, la plaine de la Greina est un paysage de toundra alpine unique en son genre. Des ruisseaux la traversent, des lacs et de hauts marais caractérisent son paysage. On s’est sentis d’autant plus chanceux de découvrir cet endroit quand on a appris qu’elle avait failli disparaître sous un lac de barrage dans les années 1980. Elle a été sauvée grâce à la mobilisation de la population locale et est désormais classée à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale.

 

 

 

 

Nous avons quitté ce 4ème pays (en comptant que l’Italie sera le 5ème) en beauté. De la vallée Roseg, nous sommes montés au refuge Diavolezza pour passer la journée du lendemain sur le glacier du Bernina, autour du Piz Palü. Une magnifique journée d’exploration d’un territoire rare, fragile et grandiose. Avant de partir, ni l’un ni l’autre n’avions déjà expérimenté quoi que ce soit se rapprochant de l’alpinisme. Nous faisons donc nos armes cet été dans les Alpes, petit à petit, en se documentant beaucoup, en prenant conseil et en commençant par des sommets réputés peu difficiles.

 

 

 

 

Budget quotidien

 

En Suisse, notre budget de 10€ par jour et par personne a été sérieusement mis à mal. Deux raisons à cela : en montagne la vie est plus chère, on l’avait déjà constaté en Italie et… en Suisse la vie est plus chère ! Cela a donc été deux fois plus compliqué pour nous de nous en tenir à notre budget. Nous avons dépensé en moyenne 25€ par jour chacun, on se dit qu’on se rattrapera dans les Balkans :) Forcément, notre alimentation s’en est ressentie, heureusement que ça n’a pas duré trop longtemps !

 

Nous retournons en Italie où nous traverserons 4 régions avant d’atteindre la Slovénie, en espérant arriver là-bas avant les premiers signes de l’hiver.

 

 

On vous embrasse

Marie & Nil

 

 

- Lire l'article précédent : Découvrir la France à pied

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