BLOG

BILAN DE NOTRE RANDONNÉE AU PORTUGAL : 750(KM) BONNES RAISONS D'Y ALLER

April 20, 2018

 A la découverte du Portugal - Sauvage, généreux et accueillant !

Notre expérience au Portugal en vidéo

Téléchargez notre itinéraire GPX au Portugal 

 

Mi-excités, mi-nostalgiques, nous franchissons la première frontière de l’aventure et quittons le Portugal. Premier des 17 pays de notre traversée de l’Europe à pied, il nous a accueilli comme nos grands-mères l’auraient fait : chaleureusement avec un baiser sur le front en nous servant un plat réconfortant, quelque part où l’on se sent toujours chez soi.

 

 

De nos premiers pas au pied du phare du Cap Saint-Vincent, 750 kilomètres nous séparent. Mais pas seulement ! 3 régions traversées, 7 parcs naturels, des dizaines de pasteis de nata avalées, environ 40 kilos de déchets collectés, une moyenne de 16,50 € par jour dépensés à nous deux, 5 marcheurs nous ont accompagnés… Nous avons déjeuné dans une maison de retraite, dormi dans une caserne de pompiers, un atelier de sculpteur, une caravane, une cabane...

 

 

Au-delà des chiffres, nous avons vécu notre voyage à pied au Portugal comme une expérience intense, immergés dans un pays magnifique, dont nous avons traversé essentiellement les zones rurales, un pays au climat parfois rude mais dont les habitants se sont toujours montrés accueillants ! Sur les 42 jours passés au Portugal nous avons été invités 18 nuits à dormir chez des inconnus qui très vite n’en étaient plus. En quelques heures un lien fort et intime s’est parfois créé, même lorsque le Portugais restait notre meilleure option pour communiquer. Bien souvent, nous nous sommes quittés les larmes aux yeux le lendemain.

 

 

De manière générale, le voyage suscite probablement ces relations qui se tissent très vite. Le voyageur ne faisant que passer, le temps imparti pour se connaître est très court. Mais nous aimons croire qu’au-delà de ce sentiment d’urgence, c’est aussi leur tempérament qui a donné à ceux que nous avons rencontré au Portugal la curiosité d’aller vers nous.

 

C’est déroutant de voir ces connexions se faire si vite quand, par ailleurs, tout notre rythme se trouve ralenti. Après ces 7 semaines, nous sommes plutôt bien accoutumés à notre rythme et à notre condition de marcheurs et nous avons généralement l’impression d'avancer assez vite. Mais quand, vers 17h, le soleil commence à faiblir, après avoir marché entre 15 et 35 kilomètres, nous demandons à quelqu’un croisé au bord du chemin s’il sait où nous pourrions passer la nuit ou boire un verre et qu’il nous indique satisfait un café situé à 6 kilomètres, sans comprendre nos visages dépités, nous mesurons alors le décalage avec le monde qui nous entoure. Nous le mesurons aussi très bien quand il nous arrive de marcher au bord de la route : dans l’ensemble, les Portugais conduisent extrêmement vite !

 

Marcher au bord de la route, cela nous est arrivé quelques fois au Portugal et c’est dans ces moments-là que nous avons compris à quel point la marche n’était pas perçue partout de la même manière. Nous avons la chance en France d’avoir cette culture de la marche ainsi que l’accès à un réseau de sentiers quasi infini. Ici, au Portugal, dans l’esprit de beaucoup de gens et notamment des plus âgés, marcher serait l’affaire des pauvres, ceux qui marchent sont ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Tout cela est en train de changer évidemment, grâce au travail notamment d’acteurs comme la Rota Vicentina,  le Sentier des Villages de Schiste, la Via Algarvina ou bien d’autres encore. Ainsi, certains coins du Portugal se trouvent quasiment dépourvus de sentiers de randonnée. C’est pour cette raison que nous avons finalement modifié notre itinéraire initial pour traverser moins de zones agricoles bordées par des routes et plus de parcs naturels et de montagne.

 

De l’Algarve à la région Centro en passant par l’Alentejo, nous avons découvert des paysages aussi merveilleux que variés. En Algarve, nous avons été frappés par cette terre où presque rien ne pousse tant le vent souffle sans répit. Evidemment, la côte vicentine qui remonte jusqu’en Alentejo nous a laissés sans voix. En février, nous y étions juste au bon moment pour assister au retour des cigognes blanches qui nidifient ici. Il n’y a d’ailleurs qu’ici que l’on peut observer des cigognes faire leur nid sur des falaises maritimes.

 

Nous avons eu l’occasion de randonner une journée avec un passionné de la région et nous avons appris beaucoup. Rudolf Muller est tombé amoureux du Portugal et de l’Alentejo il y a 35 ans et ne l’a plus quitté. Il y a 10 ans, son souhait de développer l’économie dans la région tout en préservant sa nature et sa culture s’est concrétisé et a donné naissance à la Rota Vicentina. On vous raconte tout cela en détail dans notre article CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS SUR LA ROTA VICENTINA. Vous pouvez aussi regarder notre interview du personnage.

A ses côtés, ainsi qu’avec une dizaine de volontaires de la Rota Vicentina, nous avons contribué à nettoyer une plage. Emballages plastiques alimentaires, filets de pêche, polystyrène de planches de surf, on a trouvé de tout. En quelques heures, des dizaines voire des centaines de kilos d’ordures collectés qu’il a ensuite fallu remonter en haut de la falaise par un petit sentier sinueux.

 

Que ce soit sur les plages, le long des sentiers dans la campagne ou au bord des routes, nous ne nous attendions pas à trouver autant de déchets. Notre programme 1KG FOR THE PLANET a donc démarré en fanfare ! Il parait qu’en regardant dans les poubelles de quelqu’un on peut en apprendre beaucoup sur lui, nous on a surtout découvert la passion des Portugais pour les yaourts à boire...

 

 

Dès que l’on entre dans les terres, plus loin de la côte, là où le vent s'essouffle, on est enivré par le parfum des arbres. Pas n’importe lesquels : les eucalyptus. Passé notre premier émerveillement devant ces silhouettes élancées et leurs effluves, nous avons réalisé que l’eucalyptus n’était pas vraiment au Portugal dans son environnement naturel. Pourtant il recouvre presque 10% du territoire (source : Institut pour la conservation de la nature et des forêts - ICNF) et surtout la pâte à papier qu’il sert à produire représente près de 5% des exportations du pays. Très rentable puisqu’il est coupé environ tous les 10 ans, l’eucalyptus est surtout un désastre environnemental : très gourmand en eau, il va chercher l’eau très profondément et assèche les terres. Son écorce, ses feuilles et surtout son huile sont hautement inflammables. Pendant l’été et l’automne 2017, l’association de ces plantations d’eucalyptus et de pins à l’absence de pluie depuis des mois, ainsi qu'une terre asséchée par cette culture intensive et des températures anormalement élevées a conduit aux incendies meurtriers de juin et d’octobre 2017.

 

 

Nous avons traversé ces terres dévastées de la région Centro, la pluie et le brouillard rendant ces visions d’autant plus bouleversantes. Comme pour nous redonner espoir, nous avons rencontré Pedro qui a vécu ces incendies mais surtout, a décidé de réagir.

 

 

Ce que nous avons découvert avec plaisir, ce sont les antiques, mythiques, typiques chênes-liège du Portugal. Ces drôles d’arbres biscornus ont l’air de vieux sages qui veillent sur les collines alentéjanes. Tous les 9 ans, ils sont écorcés pour produire des bouchons et du matériau d’isolation pour le monde entier. Le Portugal en est le premier producteur mondial. Le chêne-liège est une espèce protégée au Portugal par une très ancienne loi, impossible d’abattre un arbre sans une autorisation expresse des autorités compétentes. On s’en réjouit parce qu’entre autre choses, il forme une excellente barrière contre le feu.

 

 

Au Portugal, nous avons eu un sérieux coup de cœur pour la nourriture. On y a trouvé tout ce qu’on aime : de la variété, de bons produits mis en valeur, de la terre, de la mer, de la gourmandise, du bon pain, des nouveautés, de la cuisine familiale comme chez mamie… Depuis que nous sommes en Espagne, nous n’avons pas trouvé de produit de substitution à notre pastel de nata quasi quotidien qui marquait la fin (et parfois aussi le début) d’une longue journée de marche.

Nous avons aussi découvert les percebes, pouce-pied en français, ce crustacé qui pousse à flanc de falaise et dont la pêche est si dangereuse. Ils ressemblent à des doigts de sorcière mais sont délicieux !

Parmi nos souvenirs gustatifs les plus marquants, on citera le porc à l’Alentéjane de Victor à Zambujeira do Mar, les sardines aux pommes de terre et aux oignons de Fernanda à Ramalheira et toutes les oranges qu'on nous a offert au bord de la route. Tous de beaux moments de partage !

 

Nous quittons le Portugal en sachant que nous y reviendrons, peut-être même pour y passer un bout de vie. C’est un au revoir que nous faisons à ces paysages merveilleux, à cette langue que nous commencions tout juste à apprivoiser, à toutes ces familles qui sont maintenant un peu la nôtre et à ces petits plats qui nous manquent déjà.

 

L’Espagne nous attend et nous continuons à aller de l’avant, beaucoup d’autres belles surprises nous attendent sans aucun doute pendant cette traversée de l’Europe.

 

A très vite

Marie & Nil

 

 

Découvrez nos Astuces de Voyageurs

Toutes nos vidéos sur Youtube

Tags:

Share on Facebook
Share on Twitter
Share on LinkedIn
Please reload