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DERNIÈRES NOUVELLES DU SUD, LUIS SEPÚLVEDA & DANIEL MORDZINSKI

October 24, 2017

 Titre original : Últimas noticias del Sur

Photos de Daniel Mordzinski

 

1996 : Luis Sepúlveda et son socio, son complice photographe Daniel Mordzinski, se lancent dans un voyage sans billet de retour à la découverte de la Patagonie. “Un photograin et un écrigraphe” tel est le lapsus dyslexique que je viens d’inventer malgré moi en voulant donner à Nil l'envie de le lire aussi.

 

Avec pour seul bagage ou presque une plume et un Leica, ils vont traverser en voiture la Patagonie argentine de San Carlos de Bariloche jusqu’au Cap Horn et remonter par le Chili jusqu’à atteindre la presqu'île de Chiloé.

 

Véritable conteur, Sepúlveda nous embarque avec eux sur cette terre de légendes. Déguisé en carnet de voyage et en recueil de nouvelles, c’est en fait un puissant manifeste que nous livre l’auteur, illustré en noir et blanc par les clichés de Mordzinski. Ce voyage, ils le font eux aussi pour aller à la rencontre de l’autre, le gaucho, le mécano du Patagonia Express, la vieille jardinière miraculeuse, le descendant de Davy Crockett, ces hommes et ces femmes à la peau et au caractère endurcis par le vent de la steppe australe, ces héros ordinaires que, d’une certaine façon, l’on retrouve dans toute l’oeuvre de Sepúlveda.

 

 

Les nouvelles du sud, hélas ne sont pas très bonnes. On ne retrouve d’ailleurs pas l’habituel optimisme de Luis Sepúlveda : “A l’origine, ce livre était la chronique d’un voyage effectué par deux amis mais le temps, la violence des bouleversements économiques et la voracité des vainqueurs en ont fait un recueil de nouvelles posthumes, le roman d’une région disparue” explique l’auteur dans l’introduction. “La Patagonie et la Terre de Feu ont toujours été considérées comme des territoires susceptibles d’être spoliés impunément. Au nom de l’élevage et du progrès on a exterminé des ethnies, des races, des forêts et, quand il n’y a plus eu un seul Indien vivant, on a cherché leurs restes, leurs momies, pour les expédier dans tous les musées du monde.”

 

 

 

 

Malgré ce constat, l’écrivain et le photographe abordent les gens et leur histoire avec simplicité et bienveillance. Une approche rendue possible par l’absence d’agenda et de contrainte temporelle, “Je me suis adonné à ce que je sais faire de mieux, à savoir perdre mon temps.”

 

 

De notre côté, le fait que nous progressions à pied nous donnera, à nous aussi j’en suis sûre, le loisir d’écouter, de partager et d’immortaliser de belles histoires, des légendes du sud de l’Europe. Nous l’avons d’ailleurs constaté pendant notre récente randonnée dans les Alpes : comment engager la conversation avec ces bergers italiens ou ce fermier pendant la traite des vaches si nous passions à toute vitesse ? Nous avons hâte de vous livrer nos portraits de ces personnages croisés sur la route.

 

Marie

 

  

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